33 personnes arrêtées, l'inquisition à l'ère de l'IA

Lundi dernier, le 24 juillet 2023, trente-trois hommes adultes ont été arrêtés pour avoir prétendument « participé à des relations sexuelles de groupe dans un établissement privé ». Il est inutile de revenir sur les faits, car il est évident que cette arrestation constitue une violation flagrante des droits individuels, puisqu'aucune loi au Venezuela n'interdit l'homosexualité ou les relations sexuelles consenties entre adultes.

L'accent mis sur la date en début d'article vise à souligner le caractère exceptionnel de cette année. Il nous rappelle que, malgré l'année 2023, notre société régresse à bien des égards, évoquant l'Inquisition et la chasse aux sorcières, où la vie privée est soumise à l'examen impitoyable des moralistes.

L'homophobie est une réalité inquiétante, et tout porte à croire qu'elle demeure ancrée dans la société vénézuélienne. Malgré des progrès législatifs minimes en matière de protection des droits de la communauté LGBTIQ+, les attitudes discriminatoires et les préjugés persistent, affectant les individus en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Cette affaire a révélé que, malheureusement, certains responsables semblent agir selon leurs propres préjugés, bafouant ainsi la loi. Qui aurait cru qu'au XXIe siècle, nous revivreions des scènes de stigmatisation et de persécution datant de l'époque coloniale ? C'est comme si l'évolution sociale et le respect des droits humains étaient suspendus, le temps d'une rétrospective digne du Venezuela du XVIIe siècle.

Les atteintes à la vie privée perpétrées par certains médias qui ont publié les photos et les noms des accusés sur les réseaux sociaux nous ramènent en arrière, nous confrontant à un retour en arrière amer, à la résurgence de certaines pratiques. Désormais, d'un simple clic, nous pouvons revivre la fascination médiévale de l'exposition publique des individus sur la place publique numérique. Quel défi que d'être jugé par une horde d'inconnus, confortablement installés dans notre canapé !

Où se situent les valeurs professionnelles de responsabilité sociale et d'intégrité de tous les citoyens ?

Nombreux sont ceux qui, sur les réseaux sociaux, n'ont pas hésité à tourner la situation en dérision. Ces commentateurs se présentent comme de fervents défenseurs de la « liberté d'expression », de la « démocratie » et se réclament des « enfants de Dieu », tout en lançant des remarques sarcastiques qui bafouent la dignité humaine.

Mais le spectacle des illégalités ne s'arrête pas là. L'absence d'arguments véritablement solides pour justifier ces agissements a conduit à la fabrication de nouveaux prétextes, engendrant ainsi d'autres irrégularités, comme l'accusation portée contre l'un des prévenus d'être séropositif. L'infection par le VIH est une maladie, et non un crime. Ces « archéologues sociaux » ont puisé dans les ténèbres du passé leur guide pour diffamer même ceux qui sont confrontés à des problèmes de santé.

Mais cette histoire surréaliste va encore plus loin. « La possession de préservatifs est considérée comme un délit. » Se protéger et prendre soin de sa santé est désormais source de ridicule et de honte. 

Plusieurs jours se sont écoulés depuis l'incident, et le silence des organisations de défense des droits humains persiste. Le résultat : 33 hommes injustement exposés, victimes de la stigmatisation. Le poids de la honte plane sur eux. Leur vie privée est bafouée, leur dignité bafouée, les laissant vulnérables. Un climat d'incertitude plane sur les personnes LGBTIQ+ au Venezuela. La lutte pour l'égalité et le respect se complique dans un contexte où la diversité est remise en question et où les droits fondamentaux semblent s'estomper. 

Quels autres événements nous attendent désormais ? Comment cet événement façonnera-t-il l’avenir de la communauté LGBTIQ+ au Venezuela ? 

Par : Elias El Hage

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