Nous avons tiré les leçons du passé, et l'avenir que nous avions imaginé est désormais là. Il est temps d'agir.
Le début d'une nouvelle année nous offre l'occasion de faire le bilan de l'année écoulée et de définir nos intentions pour l'année à venir. L'entrée dans une nouvelle décennie, en particulier, semble propice à la prise d'engagements audacieux et optimistes, témoignant du meilleur de l'ingéniosité humaine, comme par exemple la vision de ce que sera cette décennie une fois le VIH éradiqué.
Au début de la crise, lorsque nos amis et nos proches ont été arrachés à nos vies du jour au lendemain, rares étaient ceux qui auraient pu imaginer le chemin parcouru. La vie, nous l'avons appris à nos dépens, est souvent injuste, voire cruelle. Trop de nos frères et sœurs sont plongés dans un monde qui semble les accabler. Il est de notre devoir de défendre la justice, de lutter contre l'injustice et d'œuvrer sans relâche pour un avenir meilleur.
Nous ne pouvons sous-estimer les progrès miraculeux accomplis dans la lutte contre le VIH. Ce qui était autrefois une condamnation à mort est aujourd'hui une maladie gérable. Grâce à la PrEP, nous pouvons désormais prévenir efficacement le VIH. Mais ce n'est pas le moment de crier victoire et de relâcher nos efforts, surtout pas alors que nous sommes si près du but.
Aujourd'hui, plus d'un million de personnes vivent avec le VIH aux États-Unis. Les communautés noires, latino-américaines et transgenres sont touchées de manière disproportionnée, et des régions comme le Sud des États-Unis incarnent, à bien des égards, le nouveau visage du VIH. Nombreuses sont celles qui n'ont pas accès aux soins et aux traitements nécessaires à leur survie, et la stigmatisation fondée sur les préjugés et les mensonges persiste. Le combat n'est pas terminé. Il nous incombe, en nous souvenant de toutes celles et ceux qui nous ont précédés, de mobiliser pleinement nos ressources et de mettre fin à cette lutte.
Pour sa part, l'administration actuelle a annoncé en début d'année un plan ambitieux visant à mettre fin à l'épidémie de VIH d'ici 2030. Et malgré nos nombreux désaccords politiques, il est important de comprendre que, même si cet objectif exigera beaucoup de travail, il est réalisable et constitue la bonne chose à faire.
Conformément à ce plan, les États et les juridictions présentant les taux les plus élevés de nouveaux diagnostics de VIH sont invités à élaborer et à mettre en œuvre leurs propres stratégies afin de répondre aux besoins de leurs communautés et de mettre les personnes vulnérables en contact avec les services de prévention et de traitement appropriés. Cela nécessitera des investissements importants et une forte volonté politique, notamment un financement du Congrès.
Depuis des mois, les experts et les militants de la santé publique exhortent nos élus à prendre la bonne décision et à consacrer de nouvelles ressources à la mise en œuvre de ce plan. À la dernière minute, quelques jours avant Noël, républicains et démocrates ont fait preuve d'un rare consensus bipartisan pour financer l'État pour l'ensemble de l'exercice budgétaire et, par conséquent, lancer la mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse visant à éradiquer définitivement le VIH d'ici la fin de la décennie. Avec la signature du président, ce travail pourra bientôt commencer concrètement.
Il ne faut pas se leurrer : le rythme des progrès sera parfois terriblement lent, et des revers surviendront. Mais nous relèverons ces défis avec détermination. C’est cette persévérance qui a permis à nos courageux champions, de Ryan White à Elizabeth Taylor, d’aller de l’avant même lorsque les perspectives étaient minces ou que l’espoir s’amenuisait. C’est ce qui nous a permis de réaliser les progrès médicaux qui permettent aujourd’hui aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie normale et à celles qui sont à risque d’avoir accès à des services de prévention.
Voici notre histoire. Voici notre décennie. Il est temps de passer le relais jusqu'à la ligne d'arrivée. Il est temps d'en finir avec le VIH.
Cet article a été rédigé par Michael Ruppal, directeur exécutif de l'AIDS Institute. AIDS United (AU), NASTAD, la National Coalition of STD Directors (NCSD), NMAC et l'AIDS Institute (TAI).
Source : https://www.hivplusmag.com/stigma/2019/12/31/decade-we-will-end-hiv

