Genève – Les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, ainsi que les populations mobiles et touchées par une crise vivant avec le VIH doivent avoir un accès équitable aux vaccins contre la COVID-19, ont déclaré le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les populations mobiles sont souvent plus vulnérables aux maladies, comme la COVID-19 et le VIH. De plus, les personnes vivant avec le VIH ou touchées par le VIH, ainsi que les migrants, sont souvent confrontés à d'importantes inégalités. Ils font fréquemment face à des risques sanitaires liés à des migrations parfois dangereuses, à des conditions de vie précaires et à des conditions de travail dangereuses, ainsi qu'à un manque général d'information, à la stigmatisation, à la discrimination et à l'isolement. Les migrants et les personnes déplacées rencontrent également de nombreux obstacles administratifs, financiers, géographiques, sociaux et culturels qui entravent leur accès à des soins de santé réguliers et continus au-delà des frontières, notamment au traitement du VIH.
Durant la pandémie, dans un contexte de montée de la xénophobie et de la discrimination, certains migrants vivant avec le VIH ont subi une triple stigmatisation liée à leur test positif à la COVID-19, à leur séropositivité et à leur statut de migrant – autant de facteurs qui ont souvent de graves conséquences sur leur santé mentale. Pour de nombreux migrants et personnes déplacées vivant avec le VIH et d'autres maladies auto-immunes, ou exposées au risque de contracter le VIH, l'exposition au risque a augmenté tandis que l'accès aux services de prise en charge du VIH a diminué.
« Pour mettre fin aux inégalités et aligner la riposte mondiale au VIH sur l’objectif de 2030 visant à éliminer le sida en tant que menace pour la santé publique, nous devons agir immédiatement pour réduire les inégalités dont sont victimes les migrants et les populations mobiles. Cela implique un accès complet aux services de prévention et de traitement du VIH et aux vaccins contre la COVID-19 », a déclaré Winnie Byanyima, Directrice exécutive d’ONUSIDA, en amont de la 48e réunion du Conseil de coordination du Programme d’ONUSIDA, qui se tiendra la semaine prochaine à Genève, en Suisse. Cette réunion sera l’occasion de présenter un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des services liés au VIH destinés aux migrants et aux populations mobiles, ainsi qu’aux réfugiés et aux populations touchées par des crises.
« Tant la riposte mondiale au sida que la riposte à la COVID-19 laissent des millions de personnes de côté, notamment de nombreux migrants et personnes déplacées de force », a déclaré António Vitorino, directeur général de l’OIM. « Nous avons constaté que négliger les besoins sanitaires des groupes marginalisés peut avoir des conséquences désastreuses pour les communautés. Ensemble, tous les pays doivent s’engager à ce que cela ne se reproduise plus jamais. »
Le 8 juin, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration politique de 2021 sur le VIH/sida , qui mentionne spécifiquement les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, et engage les gouvernements à faire en sorte que « 95 % des personnes vivant avec le VIH, exposées au risque de contracter le VIH ou touchées par le VIH soient protégées contre les pandémies, y compris la COVID-19 ». Pour atténuer et traiter la COVID-19 et le VIH, il est essentiel de maintenir des normes élevées en matière de soins de santé et de protection sanitaire, ainsi que de diffuser largement l’information disponible et accessible.
L’OIM et l’ONUSIDA exhortent d’urgence les gouvernements à prendre des mesures concrètes pour garantir que les campagnes nationales de vaccination contre la COVID-19 incluent tous les migrants présentant des comorbidités telles que le VIH, conformément aux recommandations de priorisation de l’OMS, et que tout soit mis en œuvre pour supprimer les obstacles auxquels beaucoup sont encore confrontés pour accéder aux services de santé, notamment la stigmatisation et la discrimination.
Les deux organisations, partenaires officielles depuis 2011, élargissent leur partenariat de longue date afin de lutter contre les multiples formes d'exclusion auxquelles sont confrontés les migrants, les réfugiés, les personnes touchées par des crises et les autres populations mobiles vivant avec le VIH, et sont prêtes à soutenir les pays dans leurs efforts de relance après la COVID-19 et dans l'engagement mondial de mettre fin au sida d'ici 2030, grâce à des programmes de santé équitables et inclusifs conformes aux principes de la couverture sanitaire universelle.

