Les participants à la 18e Conférence européenne sur le sida (EACS 2021), qui s'est tenue à Londres, ont découvert aujourd'hui les premières données d'efficacité de ce qui est probablement la plus vaste étude de démonstration de la PrEP jamais réalisée : l'essai IMPACT, mené en Angleterre. Les hommes gays et bisexuels participant à IMPACT ont présenté 87 % d'infections au VIH en moins qu'un groupe comparable de personnes fréquentant un centre de santé sexuelle et ne prenant pas de PrEP.
IMPACT est peut-être la plus vaste étude de démonstration de la PrEP contre le VIH jamais réalisée, avec 24 255 participants. Près de 96 % étaient des hommes cisgenres GBMSM, et cette analyse s’est concentrée sur eux.
Les résultats de ces individus ont été comparés à ceux d'autres hommes GBMSM cisgenres qui fréquentaient des cliniques de santé sexuelle et qui, bien qu'ils n'aient pas pris de PrEP, auraient pu le faire compte tenu de leurs comportements sexuels à risque.
Au cours de l'étude, 24 participants ont été diagnostiqués séropositifs. Dans tous les cas, sauf un, l'infection était probablement liée à une mauvaise observance ou à un arrêt du traitement prophylactique pré-exposition (PrEP). Le taux d'incidence annuel était de 0,13 %, contre 1,01 % dans le groupe témoin d'hommes ne prenant pas de PrEP.
L'équipe de recherche a tenté d'utiliser des données recueillies de façon systématique (sur les infections sexuellement transmissibles (IST), la prophylaxie post-exposition, le dépistage du VIH, le travail du sexe et les partenaires séropositifs connus) pour prédire le risque de contracter le VIH. Or, il s'est avéré que chez les hommes ne présentant pas ces facteurs de risque, l'incidence était plus élevée que chez ceux présentant des marqueurs de risque plus importants. Ce constat était valable qu'ils prennent ou non la PrEP. Cela suggère que ces marqueurs ne permettent pas, à l'heure actuelle, d'identifier les personnes consultant dans les centres de santé sexuelle les plus susceptibles de bénéficier de la PrEP.
Concernant les IST, des taux élevés ont été enregistrés, concentrés chez une minorité de participants à l'étude. Ainsi, alors que la moitié des hommes n'avaient aucune IST, 26 % des participants étaient responsables de 80 % des IST diagnostiquées au cours de l'étude.

