Savez-vous comment Grindr peut affecter votre FOMO ?

Par Pedro Serrano

Le terme FOMO est un acronyme anglais signifiant « Fear Of Missing Out », soit la peur de rater quelque chose. Il s'agit du désir d'être ou de faire quelque chose ailleurs que là où l'on se trouve.

Au fond, cela découle du besoin d'appartenance que nous avons tous. La peur d'être exclu du groupe. Appartenir à quelque chose. Faire partie de quelque chose.

Parmi les autres sujets importants figurent l'estime de soi et l'image de soi. Cette tendance que nous avons à nous comparer aux autres, à désirer ce qu'ils possèdent et ce qui nous est constamment proposé, dans cette société hyperconsumériste qui nous offre tout instantanément.

La peur de manquer quelque chose (FOMO) s'est largement répandue et amplifiée en raison d'une surexposition aux médias sociaux, et elle touche avant tout les jeunes.

L'essor des réseaux sociaux ces dernières années a rendu cette peur plus courante et plus intense, car nous voyons presque constamment ce que font les autres. Cela crée une pression et nous incite à vouloir participer. De plus, les réseaux sociaux ne présentent qu'une seule facette de la réalité : le côté positif, les bons moments (qui sont généralement partagés).

Cette vision déformée de la réalité engendre de l'anxiété, un désir pour ce que nous n'avons pas. De plus, à terme, elle peut entraîner dépression, frustration, isolement social, difficultés de concentration et sentiment d'insécurité.

À ce phénomène de peur de manquer quelque chose (FOMO), on peut ajouter d'autres ingrédients qui peuvent être encore plus addictifs et dangereux.

Les applications comme Grindr, et autres du même genre, exercent une forte dépendance, plusieurs facteurs contribuant à l'augmentation de cette dépendance. L'énergie sexuelle, l'une des formes d'énergie les plus puissantes qui soient, entre en jeu.

C’est pourquoi, dans des applications comme Grindr, où la récompense est généralement sexuelle, des substances telles que la dopamine, un neurotransmetteur associé au plaisir et à la récompense, sont libérées, ce qui, dans ce cas, est également étroitement lié à l’excitation sexuelle.

La sérotonine entre également en jeu, responsable de la régulation de notre humeur. L'ocytocine, aussi appelée hormone de l'amour, est liée à la création de liens affectifs et renforce les relations sociales. Et comme nous voulons tout et tout le monde, et que ce n'est jamais assez…

On sollicite trop la machine, ce qui engendre des excès et des déséquilibres. N'oubliez pas qu'il n'y a pas de bien ni de mal en soi, seulement des excès et des déséquilibres.

 Ces applications facilitent grandement les rencontres sexuelles, et une énergie puissante entre alors en jeu, éclipsant tout le reste : l’énergie sexuelle. Dès lors, les priorités changent presque toujours, nous poussant irrésistiblement vers ce type de récompense.

Recherche de l'équilibre

Nous voulons être de la partie et ne rien laisser au hasard. Or, comme pour la peur de manquer quelque chose (et aussi pour Grindr), choisir revient en quelque sorte à renoncer à quelque chose. Notre cerveau a du mal à abandonner quoi que ce soit, car il a tendance à se focaliser davantage sur ce qu'il perd que sur ce qu'il gagne. Dans ce cas précis, l'association de la peur de manquer quelque chose et de Grindr peut s'avérer à la fois désastreuse et extrêmement addictive.

Techniques et outils pour réduire votre dépendance aux réseaux sociaux

Examinez et vérifiez quelles sont vos valeurs et vos priorités. Votre raison d'être dans la vie.

Lorsque nous savons ce qui est vraiment important pour nous, nous pouvons prendre des décisions qui correspondent à nos valeurs et nous ne serons plus autant dépendants ni soumis à la pression de ce qui nous manque.

Cultivez et enrichissez le moment présent, en cultivant la gratitude.

Prenez conscience du présent, de ce que vous possédez, de ce que vous faites. Savourez l'instant présent, le seul qui existe réellement. Soyez reconnaissant et appréciez tout ce que vous avez.

Hygiène mentale et émotionnelle.

Choisissez quand et comment consulter les réseaux sociaux. Fixez-vous des limites de temps. Limitez l'utilisation de votre téléphone portable à des moments précis de la journée.

Faites preuve d'autodiscipline.

Évitez de consulter constamment les réseaux sociaux ; considérez-les comme une récompense après avoir terminé votre journée de travail ou un projet.

Adoptez le JOMO (la joie de rater quelque chose).

Profitez de votre temps libre et de vos expériences personnelles dans des environnements favorisant les échanges directs avec autrui ; privilégiez les activités expérientielles et personnelles. Choisissez des activités de plein air, des sports et le contact physique. Appréciez l’absence des réseaux sociaux. Ce cheminement est une invitation à l’introspection, à la connaissance de soi et à la prise de responsabilité personnelle.

Personne ne vous connaît mieux que vous-même, et vous savez ce dont vous avez besoin. Découvrez-vous.

Si votre niveau de dépendance est très fort et que vous ne parvenez pas à le surmonter seul, demandez l'aide d'un professionnel afin de recevoir des conseils et un soutien pour vous aider à vaincre ce type de dépendance.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d' un *