Des cellules immunitaires nouvellement découvertes en première ligne de l'infection par le VIH

par le Westmead Institute for Medical Research https://medicalxpress.com/news/2019-06-newly-immune-cells-frontline-hiv.html

Des chercheurs du Westmead Institute of Medical Research ont découvert de nouvelles cellules du système immunitaire qui jouent un rôle de premier plan dans l'infection par le VIH. Connues sous le nom de cellules dendritiques CD11c+, ces nouvelles cellules sont plus sensibles à l'infection par le VIH et peuvent ensuite transmettre le virus à d'autres cellules.

Les cellules dendritiques CD11c+ constituent un sous-ensemble de cellules dendritiques présentes uniquement dans les tissus génitaux humains, plus précisément dans l'épithélium du vagin, du prépuce interne et de l'anus. Cette localisation dans les tissus génitaux implique souvent que ces cellules dendritiques CD11c+ sont les premières à interagir avec le VIH.

L'un des principaux chercheurs de ce projet, le professeur agrégé Andrew Harman du Westmead Institute for Medical Research, explique que le rôle de ces cellules est de capturer les virus et de les acheminer ensuite vers les lymphocytes T CD4.

« Les lymphocytes T CD4 sont responsables de la mise en œuvre de la réponse immunitaire . Il est intéressant de noter qu'ils constituent également les principales cellules cibles du VIH, dans lesquelles le virus se réplique. »

« Une fois qu'elles ont capturé un pathogène, les cellules dendritiques communiquent leurs découvertes aux lymphocytes T CD4 des ganglions lymphatiques. Cette information prépare le système immunitaire à tolérer une bactérie ou un virus, ou à l'attaquer. »

« Toutefois, si le nombre de lymphocytes T CD4 chute en dessous des seuils critiques (par exemple, chez les patients séropositifs), l’organisme n’est plus capable de développer une réponse immunitaire, ce qui conduit au diagnostic du sida. »

« Notre équipe de recherche a démontré que les cellules dendritiques CD11c+ sont plus sensibles à l'infection par le VIH que toute autre cellule dendritique connue. Nous avons également montré que ces cellules interagissent avec les lymphocytes T CD4 plus efficacement que toute autre cellule dendritique. Ces cellules transmettent le virus aux lymphocytes T CD4, ce qui en fait des acteurs clés de l'infection par le VIH. »

Selon le professeur Tony Cunningham, co-auteur et directeur général du Westmead Institute for Medical Research, cette découverte a ouvert deux nouvelles pistes de recherche.

Cette découverte ouvre la voie à l'élaboration de stratégies pour bloquer la transmission du VIH. Si nous parvenons à empêcher le VIH de se lier aux cellules dendritiques CD11+, qui sont souvent les premières cellules immunitaires à rencontrer le virus, nous pourrons alors l'empêcher de le transmettre aux lymphocytes T CD4. Dans un contexte de faible taux de lymphocytes T CD4, cela pourrait empêcher la propagation du virus.

« Une autre piste consiste à utiliser ces nouvelles informations pour développer un vaccin contre le VIH. Si des fragments de VIH ou du VIH inactivé étaient ciblés sur ces cellules dendritiques CD11+, cela pourrait déclencher une réponse immunitaire contre le VIH dès son entrée dans l'organisme », explique le professeur Cunningham.

Ces résultats de recherche sont publiés dans Nature Communications. 

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