25 juillet 2019 | ALEXANDRA WARD
Une stratégie pour accroître le recours à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) dans les régions où son application est limitée consiste à promouvoir une initiation le jour même de la vaccination. En Amérique latine, où l'épidémie de VIH persiste, notamment chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les femmes transgenres (FT), les ressources de santé sont souvent rares et de nouvelles stratégies sont nécessaires pour développer l'utilisation de la PrEP.
L’étude ImPrEP a évalué la faisabilité et l’innocuité de l’initiation d’un traitement par ténofovir et emtricitabine (TDF/FTC) par voie orale le même jour chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les femmes transgenres (FT) à haut risque au Brésil, au Pérou et au Mexique. Les résultats ont été présentés lors de la 10e Conférence de l’IAS sur la science du VIH (IAS 2019).
Entre février 2018 et avril 2019, des chercheurs ont recruté, évalué et inclus dans l'étude 4 954 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et femmes ayant des partenaires sexuels multiples (FPSM) séronégatifs pour le VIH, âgés de 18 ans et plus, répondant au critère de risque 1+ (Brésil [3 205], Pérou [1 010] et Mexique [739]). L'âge médian des participants était de 29 ans (intervalle interquartile [IQR] : 24-36 ans), et les HSH représentaient 94 % (4 648/4 954) de la population étudiée. Les FPSM constituaient les 6 % restants (306/4 954) des participants.
Les participants ont subi des tests de créatinine, d'hépatite B et d'infections sexuellement transmissibles, et ont reçu le même jour une quantité de TDF/FTC suffisante pour 30 jours.
Les principaux critères d’évaluation étaient la poursuite précoce de la PrEP, définie comme la participation aux 2 premières visites de suivi dans les 120 jours suivant le début du traitement, ainsi que l’adhérence au traitement, évaluée à l’aide des données de renouvellement des ordonnances en pharmacie, définie comme 16 jours de médicaments PrEP dispensés par période de 30 jours (taux de possession de médicaments ≥ 0,53).
Au total, ImPrEP a cumulé 1 329,6 personnes-années d’utilisation de la PrEP. 79,8 % des participants ont poursuivi le traitement précocement, bien que ce taux soit significativement plus faible chez les personnes transgenres et de genre non conforme (56 %) (odds ratio = 0,29 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,21–0,40). L’adhérence globale à la PrEP était de 96,9 %.
« Notre étude démontre que l’initiation de la PrEP le jour même en Amérique latine est faisable et sûre, avec de bons taux globaux de poursuite et d’observance précoces », ont conclu les chercheurs. « Les personnes transgenres et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes plus jeunes pourraient nécessiter une prise en charge adaptée pour améliorer la poursuite de la PrEP. »
L’étude intitulée « Sécurité, poursuite précoce et observance de l’initiation de la PrEP le jour même chez les HSH et les TGW au Brésil, au Mexique et au Pérou : l’étude ImPrEP » a été présentée le mardi 23 juillet 2019 lors du congrès NIC 2019 à Mexico, au Mexique.
Source : https://www.contagionlive.com/news/imprep-study-sameday-prep-initiation-results-in-good-overall-continuation-among-msm-tgw

