L’OMS exhorte les pays à passer des diagnostics du VIH en laboratoire aux tests de dépistage sur le lieu de soins.

La nouvelle politique de l'Organisation mondiale de la santé indique que les pays devraient remplacer les immunoblots et les immunoessais linéaires, qui ne peuvent être réalisés qu'en laboratoire, par des méthodes plus simples, telles que les tests de diagnostic rapide.

L'Organisation mondiale de la Santé, qui a lancé la nouvelle politique de dépistage du VIH fin novembre, a formulé cette recommandation suite à des preuves convaincantes démontrant que les tests de diagnostic rapide (TDR) et les tests immuno-enzymatiques (EIA) produisent des résultats plus rapides et plus précis que les méthodes de laboratoire. Ces nouvelles stratégies de dépistage sont également moins coûteuses car elles sont moins complexes et peuvent être réalisées par des professionnels de santé ayant différents niveaux de formation et d'expérience, plutôt que par des spécialistes.

Les tests immuno-enzymatiques de type Western blot et transfert ne pouvant être réalisés qu'en laboratoire, les centres de santé doivent envoyer les échantillons de sang pour analyse. Cela entraîne des retards dans l'information des personnes sur leur statut sérologique et, pour celles séropositives, peut également retarder le début du traitement.

Une revue systématique commandée par l'OMS a révélé que les techniques d'immunoblot et les immunoessais linéaires entraînent également un nombre plus élevé de diagnostics indéterminés que les stratégies de dépistage plus récentes, ce qui implique la nécessité de procéder à un nouveau test. Cette situation engendre non seulement de l'incertitude pour le patient, mais, si cette demande n'est pas prise en compte, l'opportunité d'établir un diagnostic est perdue.

L'analyse des données a révélé que près de la moitié des résultats indéterminés obtenus par les méthodes de laboratoire chez les personnes vivant avec le VIH sont obsolètes. De ce fait, une proportion importante de personnes séropositives subissent des retards dans leur prise en charge en raison de ces méthodes de diagnostic dépassées, ce qui est non seulement préjudiciable à leur santé, mais augmente également le risque de transmission ultérieure.

À l'inverse, les tests de diagnostic rapide (TDR) et les tests immuno-enzymatiques (EIA) permettent de connaître son statut sérologique beaucoup plus rapidement, ce qui signifie qu'une personne séropositive peut commencer un traitement plus tôt. La relative rapidité de ces nouvelles méthodes permet également aux personnes séropositives considérées comme à haut risque d'infection d'accéder immédiatement à la PrEP, sans avoir à attendre.

Comme le test de diagnostic rapide (TDR) ou le test immuno-enzymatique (EIA) peuvent être réalisés par du personnel non spécialisé, le dépistage du VIH par ces méthodes peut être effectué au sein des communautés et dans les centres de santé. Ainsi, les personnes issues de groupes criminalisés, qui peuvent hésiter à se rendre en clinique malgré un risque accru d'infection par le VIH, celles qui n'ont pas les moyens de financer les consultations médicales et celles qui, par crainte de la stigmatisation, rechignent à accéder aux services de dépistage publics, seront plus susceptibles de se faire dépister.

Bien que la plupart des pays aient déjà adopté les tests de diagnostic rapide (TDR), certains utilisent encore les techniques de Western blot et d'immunoanalyse en ligne pour confirmer l'infection par le VIH. C'est le cas dans plusieurs pays d'Europe occidentale, ainsi que dans certaines régions d'Europe de l'Est, d'Asie et du Pacifique. Pour ces pays, le passage à des méthodes de dépistage plus efficaces nécessitera initialement davantage de temps et de ressources, mais aura un impact plus important et permettra de réduire les coûts à long terme. La note d'orientation de l'OMS contient une liste technique des points que les pays concernés devraient prendre en compte lors de cette transition, notamment la nécessité de former à nouveau le personnel de laboratoire aux fonctions de supervision et de contrôle de la qualité.

Crédit photo : DFID / CC.

Source : https://www.avert.org/news/who-urges-countries-switch-laboratory-based-hiv-diagnostics-point-care-testing

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