Renforcement bivalent : juste ce qu’il faut et nécessaire

Par Marta Illueca

J’aimerais croire que pour les lecteurs qui apprécient les smartphones et qui maintiennent leurs applications et versions mobiles à jour, il n’y a rien de mystérieux ni de surprenant à ce qu’un virus intelligent comme le SARS-CoV-2 renouvelle ses variantes chaque année.

Je trouve fascinant de voir comment certaines personnes dépensent sans compter leurs économies pour le dernier modèle de téléphone portable sans se demander pourquoi il a besoin d'être remplacé. Pourtant, dans le domaine de la santé, et sur un sujet aussi crucial que la protection des vies contre la COVID-19, elles déchaînent des vagues de désinformation absurdes, s'opposant au développement de vaccins actualisés dont l'efficacité a été prouvée pour prévenir les formes graves et les décès dus à la COVID-19.

Les attaques contre la science sont tellement incongrues qu'elles font recirculer d'anciennes vidéos sans fondement. Il semble que leur imagination soit à court d'idées, et il nous incombe, à nous qui défendons la santé publique, d'intervenir pour rassurer un public fasciné par ces absurdités qui pullulent sur les réseaux sociaux. J'invite donc les lecteurs dotés de bon sens à s'informer et à se familiariser avec les faits essentiels pour comprendre pourquoi des rappels de vaccin contre la COVID-19 sont nécessaires et pourquoi ils seraient administrés périodiquement, une ou deux fois par an, comme c'est le cas pour les vaccins contre la grippe.

Le calendrier vaccinal contre la COVID-19 comporte deux phases. La première, avec les doses initiales des vaccins originaux, prépare le système immunitaire à produire les anticorps et les cellules immunitaires qui protégeront la personne contre les formes graves de la maladie et le décès dus à ce virus. Il est important de comprendre que ces défenses initiales sont comme des soldats qui, pour ainsi dire, s'épuisent avec le temps et nécessitent de nouvelles recrues, constituées de nouveaux anticorps et composants cellulaires de notre système immunitaire. Ce renouvellement est assuré par les doses de rappel.

Jusqu'à l'année dernière, nous disposions de deux renforts initiaux très efficaces pour nous protéger des dérives du virus. Mais de nouvelles variantes apparaissent, et avec la famille Omicron, ce virus intelligent se propage de plus en plus vite. Les amateurs de courses automobiles le savent bien : les modèles les plus récents sont plus rapides et plus « aérodynamiques », et il semble que ce virus fonctionne de la même manière.

Il n'est donc pas surprenant que de nouveaux vaccins soient nécessaires pour se protéger contre les nouvelles souches d'Omicron. Le vaccin bivalent (c'est-à-dire qu'il contient deux composants) répond aux deux exigences de protection : contre les souches d'origine et les nouvelles souches d'Omicron. Sans ce vaccin, une personne ne peut être considérée comme bien protégée.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’à ce jour, plus de 700 millions de personnes ont été infectées par la COVID-19 et que près de sept millions en sont décédées. Au Panama, nous avons déjà atteint le million de cas et près de 8 600 décès. Quiconque nie la réalité de la pandémie ignore tout de la violence dévastatrice de ce virus. De toute évidence, ces personnes n’ont jamais vu un patient en soins intensifs, luttant pour respirer à cause du virus, ni des morgues débordées de corps. Elles ne comprennent pas non plus le fardeau que représente pour la société le syndrome de la COVID longue, qui frappe les personnes guéries mais affaiblies par une fatigue chronique, une insuffisance cardiaque, des troubles cognitifs et d’autres affections. Et peut-être n’ont-elles jamais perdu un proche à cause du SARS-CoV-2.

On dit qu'on peut mener un cheval à l'abreuvoir, mais on ne peut pas le forcer à boire, même s'il a très soif. Je m'excuse pour cette analogie, mais je tiens à préciser que je m'adresse aujourd'hui à des Panaméens responsables et consciencieux, et non à des négationnistes obstinés. Il est reconnu que, comme pour tout médicament, une minorité de personnes peuvent subir des effets indésirables suite à la vaccination, mais les bienfaits sont indéniables. Selon les statistiques de l'Alliance Gavi, les vaccins contre la COVID-19 auraient sauvé environ 20 millions de vies dans le monde.

Il est essentiel de ne pas se laisser aveugler par des vidéos irresponsables sur les réseaux sociaux. Exigez toujours un dénominateur commun lorsqu'on vous présente des chiffres sur les effets indésirables des vaccins. Ce n'est qu'en comparant les pourcentages que vous comprendrez que la COVID-19 est bien plus dangereuse et dévastatrice que les effets rares et ponctuels des vaccins ou des médicaments. Vérifiez vos sources, interrogez les porte-parole non qualifiés (c'est-à-dire les personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé) et évaluez également les compétences des pseudo-scientifiques qui n'ont jamais participé à des études scientifiques sérieuses ou qui ont manifestement échoué à leurs cours de biostatistiques. La science-fiction n'est pas seulement un mythe ; elle est monnaie courante sur les réseaux sociaux et perpétuée par ceux qui ne vérifient pas leurs informations et n'exigent pas qu'elles proviennent de sources fiables.

Nous vainquons la COVID-19 grâce aux vaccins et à la science. Soyons clairs : sans vaccins, nous n’aurions pas éradiqué la variole, ni maîtrisé la polio, le tétanos, la diphtérie, ni d’autres maladies graves et mortelles. L’histoire de l’humanité ne se laisse pas influencer par la désinformation. Restons vigilants. Et poursuivons sans tarder l’administration du rappel bivalent. C’est juste et nécessaire !

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